Sebastian Roché

Directeur de recherche au CNRS, Sciences Po-Grenoble, laboratoire Pacte. Il est spécialiste de la police comparée, et auteur notamment de "De la police en démocratie" et "La police contre la rue" (Grasset)
22 septembre 2026 - Par Sebastian Roché

La grande régression : élargissement et présomption de légitime défense pour les policiers

Dans ses engagements internationaux, la France est censée garantir que toute mort provoquée par un tir des forces de l’ordre soit suivie d’une enquête « prompte, approfondie, effective, indépendante, impartiale et transparente ». A rebours de cette garantie fondamentale, le texte de loi, adopté par l'Assemblée nationale le 7 juillet 2026, et qui doit être examiné par le Sénat courant octobre, introduit une « présomption de légitime usage des armes » - une revendication ancienne de l’extrême droite – rendant plus difficile la manifestation de la vérité. Le précédent de la loi de février 2017 qui a assoupli les règles d’usage des armes à feu et qui a été suivi d’une augmentation significative du nombre de morts par tir policier nourrit des inquiétudes sur les conséquences de ce recul de l’Etat de droit.