Édito

Les municipales, une élection à part

Publié le 6 mars 2026
Il sera difficile de tirer des leçons politiques d’ensemble des élections dans 34 746 communes, dont la moitié compte moins de 500 habitants. Cependant, au-delà des situations locales, les rapports de force qui transparaîtront donneront une coloration politique à l’avant-élection présidentielle qui s’annonce. On peut anticiper des cas de recul pour les partis les mieux implantés et des messages faciles de victoires, même isolées, pour les extrêmes qui n’ont jamais réussi, jusqu’à présent, à convaincre les électeurs de l’intérêt de leur programme à l’échelle locale. En l’absence de majorité parlementaire et avec un Président en fin de mandat, le vote sanction de l’exécutif sera sans doute marginal. Ce qui renforce la possibilité de se prononcer vraiment sur les programmes locaux. Mais les électeurs ont-ils vraiment entendu parler de ces élections à travers les médias ?

Le Rassemblement national, malgré des résultats en progression lors des élections nationales, n’a pas réussi, jusqu’à présent, à reproduire ses bons scores à l’échelle locale, comme si les électrices et électeurs manifestaient leur défiance vis-à-vis de ce parti quand il s’agit de leur vie quotidienne et des enjeux locaux qu’ils connaissent bien. Le « plafond de verre » des municipales se vérifiera-t-il à nouveau cette année ou le prochain vote confirmera-t-il l’implantation locale de l’extrême droite ? Après avoir examiné les arguments qui peuvent faire penser que cette élection pourrait marquer un tournant, Emmanuel Négrier rappelle toutes les limites de ce parti. Mais il suffirait d’une victoire symbolique dans une ville importante pour permettre au parti de crier victoire.

Alors qu’en 2020, la question climatique était très présente dans les campagnes municipales, ce qui avait permis aux écologistes de gagner une série de grandes villes, elle semble moins présente cette année. Une impression de sur-place vient parfois des résultats diplomatiques laborieux des COP annuelles. En proposant une vision d’ensemble du processus des COP, Yann Françoise permet de mieux en comprendre les axes directeurs et les avancées, qui sont réelles. Processus international négocié, fondé sur les données de la science, la coordination de la lutte contre le changement climatique est nécessairement lente et modeste mais elle n’en est pas moins en cours depuis 1992.

Les négociations commerciales internationales sont également des processus lents et complexes. Le cas de l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur en est un bon exemple. Edouard Gaudot se demande si l’accord, dont les premières négociations ont commencé dans un contexte mondial complètement différent, où les acteurs européens se berçaient encore des promesses de la « mondialisation heureuse », n’est pas aujourd’hui anachronique. Réciproquement, la fermeture brutale des Etats-Unis peut aussi justifier la recherche de partenaires commerciaux en dehors du confit sino-américain qui ne fait que s’amplifier.  

Envie de contribuer à La Grande Conversation ?
Venez nourrir les débats, contredire les études, partager vos analyses, observations, apporter un éclairage sur la transformation du monde, de la société, sur les innovations sociales et démocratiques en cours ou à venir.

La Grande Conversation