Les psychodrames des maintiens, retraits ou fusion de listes appartiennent à la dramaturgie unique des élections municipales. Les coups de théâtre, revirements, bluff et chantages de dernière minute pèsent particulièrement sur les décisions des têtes de liste et sur la crédibilité du vote local aux yeux des électeurs, relève Alain Faure. Entre élans collectifs et isolement du pouvoir quand il faut prendre des décisions difficiles, l’élection est un concentré des émotions politiques. Comment ne pas enfermer la politique dans les passions tristes ?
Visant une confirmation de son implantation municipale, le RN est plutôt en passe de consolider ses bastions que d’étendre sa présence locale à de nouveaux territoires. Cela signifie-t-il que les électeurs sont satisfaits de la gestion locale par le RN là où il est au pouvoir ? Ou qu’il est indifférent aux travers de sa gestion et à ses éventuels déboires judiciaires ? Pour y voir plus clair, Alexis Gibellini a fait un examen panoramique des bilans des municipalités RN du Sud de la France. Au-delà des thèmes récurrents attendus (immigration, sécurité), il montre l’instrumentalisation des associations, le clientélisme, le recul de la solidarité et de la culture, la communication outrancière… tous les éléments d’un « populisme municipal » désormais bien rôdé.
Un autre grand sujet de cette semaine d’entre-deux tours a été la question des fusions des listes. Tout en appelant à l’unité de la Gauche, La France Insoumise n’a pas retiré ses listes à Paris, Montpellier ou Lille, mettant potentiellement en difficulté des candidats socialistes soutenus par une large coalition de gauche. Comment expliquer les bons résultats de LFI lors de ces élections, alors que la stratégie de rupture « de bruit et de fureur » se veut délibérément clivante ? Yoann Taïeb tire les leçons du premier tour et, plus largement, de choix stratégiques inscrits dans la durée, autour d’une personnalité qui a construit un appareil discipliné et exclusif.
L’action militaire conjointe des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran recouvre en réalité des visions et des objectifs différents. Trump cherche probablement, s’il s’est fixé une ligne de conduite, à faire advenir à Téhéran des interlocuteurs avec lesquels trouver des « deals ». Netanyahou pour sa part veut un affaiblissement à long terme de l’Iran, dans un Moyen Orient durablement recomposé. Comme l’explique Phillips O’Brien, la contradiction de ces deux objectifs ne peut manquer de produire une tension croissante dans les jours et les semaines qui viennent.