Édito

Sous les bombes

Publié le 30 janvier 2026
Après avoir lancé un message ambigu aux civils iraniens en révolte, Trump concentre des forces militaires vers l’Iran tout en demandant un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. L’homme de la Maison Blanche se veut imprévisible et envoie des messages contradictoires ou indéchiffrables aux populations civiles de Gaza, d’Ukraine, du Venezuela et d’Iran. Cet activisme désordonné et illisible, dépourvu de principes et déférent envers les hommes forts, n’est pas au service de la paix.

Après avoir promis à ses électeurs l’abandon des aventures militaires extérieures, le Président américain a fait enlever le président vénézuélien à Caracas le 3 janvier. Il ne s’agissait pas de renverser un régime autoritaire ni de rétablir la démocratie comme aux temps du « regime change » mi-idéaliste mi-opportuniste post-2001. On ne pourra pas reprocher son hypocrise à Donald Trump : il a reconnu intervenir pour le pétrole. D’un point de vue technique, il y aura cependant loin de l’intention à la réalisation, explique Yves Jégourel, spécialiste de l’économie des matières premières, notamment parce que le pétrole vénézuélien n’est pas facile à exploiter ni à raffiner, et que ses réserves ne sont pas aussi importantes qu’annoncé. Mais le coup de force américain est représentatif des nouveaux enjeux géopolitiques des ressources rares.

Les intentions de Washington à propos de l’Ukraine paraissent beaucoup plus confuses, après de nombreux retournements et déclarations ambigües. Donald Trump, qui ne cesse de ménager le Président russe, déclare aussi vouloir pousser les parties à un accord. Le paradoxe actuel, selon Thornike Gordadze, est que ceux qui poussent à la paix n’ont pas toujours les intérêts ukrainiens en tête. Au contraire, une paix prématurée et au rabais se révèlerait défavorables aux Ukrainiens, qui souffrent pourtant cruellement des attaques russes en plein hiver. Seule une paix juste, avec des garanties robustes, sera durable.

La France a démontré, lors de la pandémie de Covid-19, sa capacité à déployer rapidement des politiques vaccinales ambitieuses, y compris en milieu scolaire. Pourtant, la campagne de vaccination contre les papillomavirus humains auprès des enfants d’âge scolaire, lancée en 2023, reste très en dessous des ambitions annoncées. Cet échec relatif du programme HPV ne s’explique que partiellement par des facteurs culturels classiques (défiance vaccinale, tabous liés à la sexualité, culture médicale curative). Mélanie Heard développe ici l’hypothèse qu’il tient à des choix politiques et institutionnels, en particulier au flou entre recommandation, systématicité et obligation vaccinale.

A quelques semaines des élections municipales, l’issue du scrutin paraît particulièrement incertaine à Paris. D’où l’intérêt de revenir sur un des grands chantiers menés dans la capitale depuis l’élection de Bertrand Delanoë en 2001 : celui de la mobilité. Impliqué sur le sujet comme maire adjoint, Jean-Louis Missika propose pour Terra Nova un large bilan de la révolution des mobilités à Paris, un sujet qui a connu son lot de polémiques mais qui a aussi engagé des transformations profondes de la ville sur lesquelles désormais aucun candidat ni aucune candidate de proposer sérieusement de revenir.

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