Le 27 novembre dernier, Emmanuel Macron annonçait le retour d’un service militaire volontaire. Dix mois d’engagement, 2 milliards d’euros dès 2026, sur fond de réarmement face aux menaces géopolitiques. Deux mois plus tôt, le 19 septembre, le Premier ministre mettait fin au Service national universel (SNU), après près de 500 millions d’euros dépensés pour 145 000 participants.
Cette valse-hésitation révèle une obsession : celle de retrouver les « grands rituels républicains » capables de souder la Nation. Lettre de Guy Môquet, uniformes, Marseillaise en classe… Derrière ces tentatives souvent maladroites, parfois politiciennes, une angoisse : le sentiment d’un délitement de la cohésion nationale, amplifié par un choc démographique qui fait de la jeunesse une minorité face à un pays vieillissant.
Si le Président veut vraiment réarmer la Nation, il doit comprendre qu’on ne fait pas Nation seulement avec des soldats. On la fait avec des enfants qui auront vécu ensemble, joué ensemble, appris et grandi ensemble, loin des endogamies sociales et territoriales.
Pourtant, dans cette quête frénétique des totems rituels de l’unité perdue, une amnésie frappe : alors que 4 millions d’enfants partaient en « colo » dans les années 1960, aujourd’hui moins d’un million y ont accès. Où sont passées les colonies de vacances ? Elles furent pourtant, pendant des décennies, l’un des plus puissants instruments d’émancipation, de cohésion sociale et d’aménagement du territoire que la République ait produit.
Un rapport parlementaire de 2013 notait déjà que le recul des départs en vacances des jeunes était « préoccupant pour la cohésion nationale »1. Autrement dit, la perte d’une culture commune des vacances chez la jeunesse inquiète jusqu’aux institutions, ce qui renforce l’idée qu’une Nation se soude d’abord par des expériences partagées dès l’enfance, bien avant le passage sous les drapeaux.
C’est ce que seules les colonies de vacances à grande échelle ont réussi dans notre Histoire. Il est donc temps de les ressusciter.
Les colonies de vacances, un âge d’or oublié
La fin de la Seconde Guerre mondiale, amenant avec elle le programme du Conseil National de la Résistance et ses promesses d’émancipation et de sécurité sociales, des droits civiques et économiques associés, a aussi permis de remettre au goût du jour ce que le Front populaire avait commencé à construire en 1936. Au sortir de la guerre, obéissant à l’ambition de resouder la nation, les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, de toute obédience et de toute forme, vont se mobiliser pour réinventer et revivifier des propositions d’expérience collective au travers principalement du développement du scoutisme et des colonies de vacances qui participent ensemble d’un véritable fait social. Ainsi, dès 1945, environ 300 000 enfants partent en colo soit 3,5% de la classe d’âge de 0 à 14 ans, un nombre triplé pour atteindre 900 000 en 1949 et presque 10% de la classe d’âge. Par la suite, la barre symbolique du million d’enfants accueillis chaque année est franchie dans les années 1960 et maintenue jusqu’au début des années 1990. Le pic de fréquentation se situe en 1995, année durant laquelle environ 14 % des jeunes Français sont partis en séjour collectif. Cette année-là, 28 millions de nuitées ont été enregistrées en centres de vacances – un record absolu. Preuve en est que certaines institutions éducatives traversent le temps.
Les colonies héritent de ce rôle cohésif et émancipateur après 1945 : elles deviennent très vite un fait social majeur et sont portées par l’État. Un comité compétent est créé entre 1946 et 1947. Des municipalités aux comités d’entreprise en passant par les mouvements d’Éducation populaire, les colos font l’unanimité.
Cette solidité institutionnelle est permise par une triple fonction :
- Émancipation individuelle et sortie du cocon familial pour des enfants qui découvrent la vie hors des sentiers battus de la fratrie et du village ou du quartier ;
- Cohésion nationale, grâce à un brassage social unique, les colonies de vacances ne sont pas pensées seulement comme un temps de loisirs : elles portent une ambition sociale et intégratrice explicitement revendiquée ; les décideurs et promoteurs de l’époque y voient espace où les appartenances familiales, sociales ou d’origine doivent compter le moins possible, pour que l’enfant soit accueilli et reconnu d’abord comme une personne ;
- Aménagement du territoire, puisque les colos s’organisent majoritairement dans des espaces ruraux, créant ainsi un cercle vertueux fait de créations d’emplois et de dynamisation des régions.
Les Français accordent une confiance profonde à un dispositif qui a su faire ses preuves au fil des années. Car au-delà d’un dispositif d’éducation populaire devenu fait social, les colos reposent sur un modèle économique très stable : un financement public solide, grâce à l’État, parfois aux collectivités territoriales, aux comités d’entreprise et à la CAF.
La lente décrue : un abandon politique et social
Après près de soixante ans d’âge d’or, les colonies de vacances n’échappent pas à la règle : les années 2000 et le règne du New Public Management ouvrent le temps de la crise. 30 ans après le pic de 1995, le constat est amer : de 1,5 millions d’enfants avant l’an 2000, les colos peinent aujourd’hui à atteindre le million d’enfants.
Les causes sont multiples, mais liées en premier lieu à un désengagement de l’État. Les subventions baissent et les effets se font rapidement sentir :
- Économiquement, avec un modèle en crise. Emmener des jeunes en colos, comme bien d’autres choses, est devenu plus cher : les normes, les formations, le durcissement des conditions d’accès au BAFA dans un contexte où le coût de la vie lui-même ne cesse d’augmenter, ont été autant de pierres enlevées à l’édifice autrefois si solide des colonies de vacances.
- Sociétales également, puisque le noyau familial a lui aussi changé entre 1995 et 2025. On privilégie désormais les “vacances en famille”, dans un contexte de méfiance globale face à l’altérité et parfois de sentiment d’insécurité. La durée moyenne des séjours a chuté : les colos de trois semaines dans les années 1980-90 ont presque disparu, remplacées par des séjours plus courts. Réduire la durée est un moyen de baisser le coût et de rassurer les familles, mais cela limite l’impact éducatif. Cette tendance alimente le cercle vicieux : moins on a l’habitude de “laisser partir” ses enfants, plus la méfiance grandit.
- Enfin, une crise de financement du modèle associatif : les associations historiques ferment en cascade. Si Wakanga respire encore malgré une situation déficitaire, Vitacolo quant à elle, a définitivement fermé en 2024. Ce diagnostic est corroboré par le rapport parlementaire déjà cité : il souligne la “disparition progressive du financement des séjours collectifs de vacances par les caisses d’allocations familiales”, et le glissement des aides sociales vers les accueils de loisirs sans hébergement. En parallèle, le même rapport note la baisse des aides des comités d’entreprise, autrefois piliers du système.
La baisse des départs en colonies de vacances tient à une combinaison de facteurs, mais le déterminant le plus robuste demeure budgétaire : quand le coût net augmente, ce sont d’abord les familles qui dépendent des aides publiques – donc les ménages modestes – qui renoncent. Cette contrainte financière se double par ailleurs d’une dynamique de séparation des pratiques : les classes favorisées, qui n’ont pas besoin de subventions, peuvent plus facilement se détourner des colonies « classiques » au profit d’autres offres (stages, séjours thématiques et linguistiques, formules « haut de gamme), accentuant mécaniquement le tri social parmi les partants. Autrement dit, le budget fait baisser le nombre, et cette baisse fabrique une fréquentation de plus en plus polarisée. Ainsi, à force de laisser l’accessibilité se dégrader, on transforme un outil d’émancipation populaire en une offre commerciale parmi d’autres, qui n’atteint plus ceux pour qui il avait été pensé. Dès lors, si l’on veut enrayer le tri social, la priorité est de créer un choc d’accessibilité.
Le fiasco du SNU : 500 millions qui auraient pu sauver les colos
Former des citoyens ? Qu’à cela ne tienne ! Comme beaucoup de politiques avant lui, Emmanuel Macron a voulu créer ex-nihilo un dispositif d’engagement. De cette ambition naît le Service National Universel.
Créé en 2019 pour incarner l’idée d’un « creuset républicain », cette ambition portée dès la campagne de 2017, le SNU s’est achevé le 19 septembre 2025. Le bilan chiffré interpelle : sur les 9,2 millions de jeunes visés par ce dispositif, 145 000 y ont participé – l’équivalent de la ville du Mans.
Les estimations de son coût varient considérablement, oscillant entre 500 millions et 5 milliards d’euros. Pour chacun de ces jeunes, l’État a déboursé entre 3 400 et 34 000 euros pour deux semaines de séjour. Un investissement qui soulève des questions, d’autant que la Cour des comptes a émis de sérieuses réserves sur le dispositif à l’automne 2024.
Ces chiffres invitent à la réflexion. Si l’on prend la fourchette basse de 500 millions d’euros, ces fonds auraient permis de financer 250 000 séjours de 3 semaines en colonies de vacances, pour un coût moyen actuel de 2 000 euros par enfant. Un quart de million d’enfants issus de milieux populaires auraient pu partir gratuitement, et ce pendant plusieurs années.
Avec l’hypothèse haute de 5 milliards d’euros, le champ des possibles s’élargit encore : 2,5 millions de séjours de 3 semaines, soit 400 000 places par an pendant 6 ans. De quoi doubler, voire tripler la fréquentation actuelle des colonies de vacances.
Paradoxalement, pendant que le SNU s’arrêtait, le Service Civique subit les contraintes budgétaires actuelles. Son enveloppe est réduite de 20 %, soit une diminution de 114,4 millions d’euros, passant de 579,4 millions à 465 millions d’euros pour 2026.
Un choix d’autant plus surprenant que cette politique a largement démontré son efficacité : près de 900 000 jeunes engagés depuis sa création, dont 150 000 pour la seule année 2024, sur des missions d’intérêt général d’une durée de 6 à 8 mois. Quinze ans après sa création, promue par les acteurs associatifs de l’Éducation populaire, le Service Civique demeure une réponse concrète à une question profondément politique : comment redonner du sens au collectif dans un monde de plus en plus fragmenté ?
Les colonies de vacances, ou l’art de forger une nation
La colonie de vacances n’a jamais été une institution purement étatique. Elle émane de la société civile, dont elle reflète toute la diversité. Aujourd’hui pourtant, le constat est sans appel : les enfants des classes populaires « restent en ville ». La Fondation Jean Jaurès l’évoquait dès 2018 : le droit aux vacances est devenu un privilège. La nature s’est transformée en luxe, monétisé par le secteur privé, tandis que l’accès au sport et à la culture demeurent l’apanage des familles aisées.
Dans une France de plus en plus fragmentée, où l’école reflète, et parfois aggrave, la ségrégation spatiale et où les quartiers tendent à l’homogénéité sociale, les colonies de vacances incarnent l’un des derniers espaces où se réalise encore un véritable brassage. Géographique d’abord : ces séjours font se rencontrer des enfants des villes et des campagnes, créant des passerelles entre des mondes qui ne se croisent plus guère. Social ensuite : la mixité qui s’y vit naturellement est devenue quasi impossible ailleurs. Culturel enfin : loin de leurs repères habituels, les enfants y font l’expérience concrète de l’altérité et découvrent qu’on peut vivre ensemble malgré, ou grâce à nos différences.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on a misé sur les colonies pour “recréer du lien social grâce à la mixité”. C’était une réponse directe aux fractures de la guerre : permettre à des enfants d’origines très diverses de vivre ensemble, c’était préparer une société plus unie. En 1945, une campagne du Secours populaire s’intitulait “Du grand air pour les enfants de France”, afin de retaper une jeunesse meurtrie par la guerre en la mêlant au grand air, hors des villes. A l’époque, il a fallu guérir, il est sans doute urgent, aujourd’hui, de prévenir.
Le modèle des colonies s’inscrit dans la tradition de l’Éducation populaire : ce qui s’y transmet ne relève pas du discours ou de l’injonction morale, mais de l’expérience vécue. C’est en organisant leur quotidien, en prenant des responsabilités, en négociant les règles de la vie collective que les enfants intègrent véritablement les valeurs démocratiques.
Au-delà de leur dimension éducative, les colonies constituent un outil précieux d’aménagement du territoire. Elles génèrent entre 50 000 et 100 000 emplois saisonniers, créant un premier tremplin vers l’emploi pour de jeunes animateurs. Cette économie irrigue et fait vivre les territoires ruraux.
Mais, surtout, il faut mesurer l’importance des colonies comme rituel fondateur dans la construction d’une mémoire collective nationale. Combien de Français, toutes générations confondues, évoquent encore avec émotion « leurs étés en colo » ? Ces souvenirs partagés tissent un lien invisible mais puissant entre des individus qui ne se connaîtront jamais.
Cette cohésion sociale se révèle vitale pour bâtir une société capable de faire front commun. En temps de paix, certes, mais surtout en période de crise. Quand il s’agit de « tenir l’intérieur » et de maintenir le pacte social face aux épreuves – qu’elles soient sanitaires, économiques ou même militaires –, ce sont ces expériences partagées qui font la différence entre une nation unie et une société fragmentée. Les colonies de vacances ne forment pas seulement des citoyens : elles forgent le ciment d’une nation résiliente.
Pour une grande politique publique des colonies de vacances
Il ne s’agit pas de restaurer une « grande époque » fantasmée, mais de fixer un objectif : viser 2 millions d’enfants en colos d’ici 2030, soit un doublement de l’effectif actuel. Priorité aux jeunes, de plus en plus oubliés des politiques publiques à l’image de la suppression soudaine du Pass’Sport à l’automne 2025. Les 6-16 ans doivent être la cible prioritaire et représenter 50% de l’objectif.
Pour ce faire, il faut un financement public massif et pérenne : un « Fonds national des colonies de vacances » doté d’un milliard d’euros par an. Ce coût représente aujourd’hui la moitié de celui annoncé pour le service militaire volontaire. Le financement serait mixte : l’État à 50% (dont la ressource pourrait venir d’une taxation des plateformes de location et d’une contribution spécifique et affectée sur certains transports et activités touristiques premium), les collectivités et la CAF prenant chacun les deux quarts restants (en repensant par exemple le montant et l’affectation des taxes de séjour, et en renforçant par un taux faible les cotisations sociales de la branche famille), permettant une grille tarifaire progressive en fonction du quotient familial.
Avant toute ambition, il faut des murs. Des centaines de centres ont fermé ces dernières décennies. Un plan de rénovation ambitieux pourrait redonner vie à 500 structures sur cinq ans qui pourrait être financé par une surtaxe ciblée sur les résidences secondaires en zone touristique venant abonder un fonds national géré par péréquation. La France dispose aussi d’un patrimoine public considérable et sous-exploité : anciens bâtiments militaires, centres SNCF ou EDF désaffectés pourraient être reconvertis ; ou encore des locaux vides pendant la saison estivale qu’on pourrait imaginer exploiter à des fins d’accueil de séjour comme les internats de lycée. Réinvestir ces lieux pour l’Éducation populaire, c’est faire le choix d’un modèle de société.
Construire une nouvelle politique publique en faveur des colonies implique de former 20 000 animateurs supplémentaires chaque année. Et au-delà des chiffres, c’est tout le secteur qui mérite d’être revalorisé financièrement et symboliquement. Les diplômes BAFA et BAFD doivent évoluer pour mieux reconnaître les compétences acquises.
La relance ne saurait se faire sans l’Éducation nationale. Chaque enfant devrait partir au moins une fois en colonie pendant sa scolarité : classes de découverte pour les 6-11 ans, puis colos plus autonomes pour les 12-17 ans. Cette articulation entre école et monde associatif ferait des séjours collectifs une composante normale du parcours de chaque enfant.
Faire revivre les colonies ne signifie pas céder à la nostalgie. Elles doivent s’adapter aux enjeux contemporains au centre desquels se situe l’intérêt des jeunes dans un monde qui confine à l’isolement et au repli sur soi dans l’illusion entretenue d’une vie collective que se réalise à distance et souvent de manière asynchrone par le truchement des solutions digitales- environnement, usage raisonné du numérique, engagement citoyen – et explorer de nouveaux formats. Mais l’essentiel demeure : deux à trois semaines minimums sont nécessaires pour rompre avec le quotidien, créer des liens profonds et offrir cette liberté provisoire, mais fondatrice, qui transforme durablement les enfants en citoyens.
Conclusion
À l’heure où le président de la République annonce le retour d’un service militaire volontaire à 2 milliards d’euros, la question n’est pas seulement de préparer la France à la guerre. C’est d’abord à la paix civile et à la solidité du corps social qu’il faut veiller, d’un point de vue civique comme d’un point de vue militaire d’ailleurs, pour mieux faire face aux menaces hybrides. Et dans cette perspective les colonies de vacances sont un instrument essentiel de consolidation d’une Nation qui se soude d’abord par des expériences partagées dès l’enfance, dès avant le passage sous les drapeaux.
Pendant des décennies, elles ont été le creuset où se forgeait une génération républicaine : enfants d’ouvriers et de cadres dormant dans le même dortoir, gamins de banlieue découvrant la montagne, petits Parisiens et petits ruraux apprenant à vivre ensemble. Les colos ont produit ce que tous les discours sur “l’unité nationale” échouent à créer : une expérience commune, joyeuse, émancipatrice.
Les faire revivre à grande échelle est une nécessité démocratique face à la ségrégation sociale et territoriale croissante. C’est aussi un investissement économique et citoyen bien plus pertinent que les mirages successifs du SNU ou du service militaire volontaire. Si la République veut vraiment se réarmer, qu’elle commence par offrir à chaque enfant de France la chance de partir en colonie de vacances. C’est là, au moins autant que dans les casernes, que se fabrique une Nation.
Sources : rapport Ménard 2013 : https://www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/ra/Le%20rapport%20d%27information.pdf
La mise en place d’un service public des colonies de vacances en France (1944-1958)
Julien Fuchs : https://books.openedition.org/puc/18201?lang=en
Fondation JJ : Quand les enfants des classes populaires deviennent ceux qui restent en ville pendant les vacances : https://www.jean-jaures.org/publication/quand-les-enfants-des-classes-populaires-deviennent-ceux-qui-restent-en-ville-pendant-les-vacances/
JPA : Les colonies, c’est la belle vie quand on est jeunes : https://jpa.asso.fr/colonies-la-belle-vie/
Télérama : Droit aux vacances pour tous les enfants : “Il est essentiel de leur accorder un moment de répit, de détente » : https://www.telerama.fr/enfants/droit-aux-vacances-pour-tous-les-enfants-il-est-essentiel-de-leur-accorder-un-moment-de-repit-de-detente-7026450.php
IFOP pour la JPA : Le regard des enfants et l’avis des parents sur les colonies de vacances : https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/05/116367-.-rapport-enquete.pdf