La révélation dans la presse du verbatim d’un échange téléphonique de l’envoyé spécial de Trump auprès du Kremlin, Steve Witkoff, avec son interlocuteur russe, Youri Ouchakov, n’a fait que confirmer la proximité du premier cercle de connaissances de Trump avec les hommes de Poutine. La vanité et la vénalité ont toujours été les leviers des actions d’influence. Avec l’homme de la Maison Blanche, les services russes, dont Poutine lui-même est issu, ont un large terrain ouvert à leur savoir-faire. L’échange téléphonique entre les présidents russe et américain, préparé par la conversation déjà mentionnée entre Witkoff et Ouchakov, consistait précisément à féliciter abondamment Trump de l’obtention d’un cessez-le-feu à Gaza. Oubliées, les menaces de nouvelles sanctions contre l’économie russe ! La rencontre à venir entre Witkoff et Poutine à Moscou recèle de nombreuses incertitudes, entre pression de Washington pour décrocher un nouveau « deal » et surdité russe, qui maintient tous ses objectifs de guerre. Le texte russo-américain rendu public le 20 novembre servira sans doute de point de départ de leur échange, même si, depuis, des contre-propositions européennes ont été formulées.
Pour comprendre la stratégie russe sur le dossier ukrainien, le point de vue de l’ambassadeur Pierre Lévy, en poste à Moscou précisément au moment du déclenchement de la guerre, est particulièrement précieux. Fort d’une longue expérience de la diplomatie russe, Pierre Lévy montre que l’offensive contre l’Ukraine s’inscrit dans la longue durée. Elle ne vise pas seulement des gains territoriaux à l’Est de l’Ukraine. Son objectif est d’imposer une « souveraineté limitée » à l’Ukraine et, au-delà, de promouvoir une position historique révisionniste, contestant l’ensemble de l’ordre géopolitique issu de la disparition de l’URSS, responsable selon le maître du Kremlin d’une inacceptable relégation de la Russie sur la scène internationale.
Comme de nombreux autres pays proches, la France souffre d’une crise du logement. La difficulté pour les jeunes ménages à se loger et le taux d’effort qu’il faut en moyenne consacrer au logement sont des indicateurs majeurs de cette crise. Mais pourquoi aucun pays ne semble-t-il avoir trouvé la solution à une difficulté à la fois parfaitement identifiée et qui constitue une des préoccupations majeures des ménages ? Bernard Vorms et Bernard Coloos proposent ici une comparaison permettant de comprendre pourquoi il est si difficile d’agir sur la construction et sur les prix. Différentes politiques du logement sont mises en œuvre pour défendre l’accès au logement mais aucune politique ne permet de répondre au besoin de logement par les seuls mécanismes du marché.