Édito

Ormuz, effets en cascade

Publié le 24 avril 2026
La hausse des prix de l’énergie due au blocage du détroit d’Ormuz affecte particulièrement les cours du kérosène, poussant les compagnies d’aviation à augmenter leurs tarifs et à supprimer des vols. Une prolongation de la crise aura-t-elle un effet sur les vols touristiques ? Après le temps d’arrêt dû aux confinements sanitaires, l’économie du tourisme était repartie rapidement à la hausse et avait même déjà dépassé les niveaux d’avant-Covid. Mais la concentration des visites sur quelques lieux emblématiques produit localement un surtourisme qui risque paradoxalement d’effacer la couleur locale qui en fait pourtant l’attrait. Peut-on échapper à ce paradoxe de la mondialisation du tourisme ?

En attendant que les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran reprennent au Pakistan, le détroit d’Ormuz reste fermé, prolongeant l’incertitude sur les prix de l’énergie. Les pays d’Asie sont particulièrement dépendants des pays du Golfe pour leur approvisionnement en gaz et en pétrole. Ces pays sont pourtant aussi ceux qui ont fait les plus importants efforts ces dernières années pour développer les énergies décarbonées. Mais la transition est par nature lente, rappelle Romain Blachier en passant en revue les grandes économies asiatiques et leur dépendance aux hydrocarbures. Curieusement, rappelle-t-il également, la situation en France est pratiquement à l’opposé : nous disposons d’une abondante production d’énergie décarbonée mais, faute d’électrifier nos usages assez rapidement, notre balance commerciale et le pouvoir d’achat des ménages sont toujours dépendants des aléas géopolitiques affectant le marché mondial du pétrole.

Partout dans le monde, le développement du tourisme affecte les sites les plus populaires, au point parfois de les rendre méconnaissables ou de réduire l’expérience de la visite à un produit standardisé qui perd son intérêt. Pour contrer les inconvénients du surtourisme, les chercheurs en urbanisme Carlo Ratti et Richard Florida ont travaillé sur une vaste collecte de photographies des locations touristiques pour voir si l’uniformisation marchande du tourisme les touchait. La corrosion culturelle, selon eux, n’est pas une fatalité, ce qui ouvre des pistes pour mieux réguler les afflux touristiques dans les villes.

En France, l’arsenal répressif contre les drogues ne cesse de se renforcer tandis que la consommation progresse tout aussi régulièrement. Elle se diversifie, se banalise et se propage socialement. Au lieu du discours de panique morale, culpabilisateur et hors-sol, qui accompagne habituellement ce constat, nous devrions plutôt engager un large débat démocratique sur ce sujet, propose Florian Guyot. En commençant par examiner les présupposés de la politique actuelle qui, faute d’examen sérieux et de remise en cause, conduisent aux mêmes actions routinières qui ont pourtant largement démontré leur impuissance jusqu’à présent.

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