6 février 2026
- Par Martin Vanier
Dominique Faure a remis le 2 février à son successeur au ministère en charge des collectivités territoriales et de la ruralité, Françoise Gatel, le rapport sur « la relance de la stratégie nationale d’aménagement du territoire visant à définir des orientations prioritaires » que lui avait commandé François Rebsamen en mai dernier. A grands traits, ce rapport propose de produire une stratégie nationale d'aménagement du territoire dès 2026 à l'horizon 2035 et 2050.
4 février 2026
- Par Hervé de Villers
La désignation de la santé mentale comme grande cause nationale pour 2025, puis sa reconduction pour 2026, marquent une étape importante dans la reconnaissance d’un malaise devenu structurel. La santé mentale apparaît désormais comme un révélateur du fonctionnement et de la gouvernance de nos organisations de travail au sein des entreprises. L’augmentation continue des arrêts pour troubles psychiques, la diffusion du burn-out et la perte d’engagement soulignent une réalité désormais bien documentée : le mal-être en France n’est plus marginal, il est systémique . D’ailleurs, les chiffres sont sans appel. La France figure aujourd’hui parmi les pays européens où l’engagement des salariés est le plus faible et la santé mentale la plus dégradée. Cela représente un coût économique colossal.
Et si nous changions de regard ? Si nous acceptions de regarder du côté de pays qui ont abordé cette question plus tôt et plus en profondeur ?
2 février 2026
- Par Suzanne Gorge
Ces dernières années, les crises se succèdent dans le monde agricole. Dans le débat public, elles continuent trop souvent d’être appréhendées comme une série d’incidents isolés, appelant des réponses rapides et techniques. Une épidémie, une flambée des coûts, une sécheresse, un accord commercial contesté : aussitôt, le politique abandonne la hausse prévue de la taxe sur le carburant agricole, déploie une loi d’urgence, des aides exceptionnelles, une simplification administrative ou un ajustement réglementaire. Aujourd’hui, c’est l’accord avec le Mercosur qui cristallise les inquiétudes, concentre les colères et polarise le débat. Mais il n’est ni l’origine ni le cœur du problème. Ce qui est en jeu dépasse largement un accord commercial : c’est l’absence persistante d’un projet durable et partagé pour l’agriculture française, capable de répondre simultanément aux enjeux de revenu, de compétitivité, de transition écologique et de reconnaissance sociale du métier d’agriculteur. La colère agricole qui s’exprime depuis plusieurs mois n’est pas uniquement conjoncturelle. Elle dit autre chose, de plus structurel : l’épuisement d’un modèle agricole historique, fondé autour de la cellule familiale, soumis à une accumulation de chocs sanitaires, géopolitiques, démographiques, économiques et environnementaux.
Dans ce contexte, le discours officiel oscille entre rhétorique guerrière et injonctions contradictoires : « guerre agricole », « puissance verte », agriculteurs érigés en soldats à qui l’on demanderait de produire toujours plus pour éviter que nos chaînes d’approvisionnement ne deviennent des chaînes d’asservissement aux grandes puissances. Mais produire plus, comment ? En augmentant la surface agricole utile et en diminuant les puits de carbone ? En recourant davantage aux engrais et aux produits phytosanitaires importés ? En reculant sur nos objectifs climatiques, alors même que l’agriculture est déjà confrontée à l’érosion des sols, au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité qui participent à la stagnation des rendements? Ces questions restent sans réponse. Elles disent pourtant l’essentiel : le statu quo n’est plus tenable. En refusant de trancher collectivement la question du modèle agricole que nous voulons, qui serait réaliste dans le marché unique et le monde tel qu’il est, nous entretenons une impasse économique, écologique et sociale dont les agriculteurs paient aujourd’hui le prix.
Édito
30 janvier 2026
- Par La Grande Conversation
Après avoir lancé un message ambigu aux civils iraniens en révolte, Trump concentre des forces militaires vers l’Iran tout en demandant un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. L’homme de la Maison Blanche se veut imprévisible et envoie des messages contradictoires ou indéchiffrables aux populations civiles de Gaza, d’Ukraine, du Venezuela et d’Iran. Cet activisme désordonné et illisible, dépourvu de principes et déférent envers les hommes forts, n’est pas au service de la paix.
30 janvier 2026
- Par Yves Jégourel
L’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, et de sa femme, par les forces armées américaines le 3 janvier 2026 à Caracas ne visait pas un changement de régime ni une occupation militaire. De l’aveu même du Président américain, il s’agissait de s’assurer les ressources pétrolières du pays. Mais les choses sont-elles si simples ? Exploiter le pétrole en question n’est pas si facile. Et les enjeux géopolitiques sont plus larges que l’accès à des ressources souterraines.
28 janvier 2026
- Par Mélanie Heard
La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) constitue aujourd’hui en France un enjeu majeur de santé publique, tant par l’ampleur de la morbi-mortalité évitable qu’elle cible que par les difficultés persistantes de sa mise en œuvre. Responsable d’environ 7 000 cancers et plus de 1 000 décès par an, les infections HPV peuvent être éradiquées par un vaccin sûr et efficace administré aux adolescents garçons et filles. Malgré ces évidences scientifiques et l’introduction depuis 2023 d’une offre vaccinale scolaire universelle en classe de 5e, la France demeure en retard par rapport à de nombreux pays comparables : la couverture vaccinale complète à deux doses plafonne autour de 30–35 % selon le sexe et les territoires, très loin des objectifs nationaux (80 %) et internationaux.
26 janvier 2026
- Par Thorniké Gordadzé
Le prolongement de la guerre en Ukraine, et des souffrances qu’elle entraine, a redonné de l’audience en France et en Europe aux voix qui plaident pour un accord de paix rapide, sous le couvert du réalisme. A Moscou, une longue pratique de l’instrumentalisation du pacifisme occidental sait habilement amplifier l’audience de ces plaidoyers. Pourtant, les dangers d’une signature précipitée et mal négociée d’un accord imposé à Kyiv seraient nombreux. Un appel général à la paix sans garanties de sécurité revient à ce stade à un alignement volontaire sur les objectifs russes.
Édito
23 janvier 2026
- Par La Grande Conversation
Devant une actualité chaque jour plus déroutante, on ne peut se résoudre au chaos ni plaquer des explications toutes faites sur un réel qui nous échappe. Il faut essayer de comprendre les forces sous-jacentes aux mouvements apparemment imprévisibles. Celles-ci sont parfois matérielles, mais pas toujours. L’idéologie aussi joue un rôle, parfois prépondérant, dans les décisions politiques. Les idées comptent.
23 janvier 2026
- Par Jean-Yves Pranchère, Marc-Olivier Padis
L’intervention éclair des Américains au Venezuela et la menace d’une appropriation du Groenland transgressent ouvertement les règles minimales du droit international. Mais à quelle logique alternative peut-on les rattacher ? On a beaucoup dit que Trump suivait une politique « transactionnelle », à la recherche de « deals » avec ses interlocuteurs. À moins de considérer que le cambriolage, le racket, l’extorsion et le chantage sont des formes normales du « deal », ce n’est nullement le cas dans ces opérations qui ne relèvent d’aucune négociation ni d’aucun accord. Dès lors, peut-on identifier une inspiration ou une ligne directrice à la politique extérieure trumpienne ?
21 janvier 2026
- Par Elsa Walter, France Assos Santé, Renaloo, Collectif Pour un accompagnement soignant solidaire (PASS)
Adopté en mai 2025 par l’Assemblée nationale par 305 voix contre 199, le droit d’être aidé à mourir serait la réforme sociétale la plus importante depuis le mariage pour tous. Mais ce nouveau droit, porté par une proposition de loi du député Modem Olivier Falorni, doit à présent poursuivre son parcours législatif au Sénat.
Ce texte crée un "droit à l’aide à mourir" consistant à "autoriser et à accompagner" un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à se la faire administrer s’il n’est "pas en mesure physiquement d’y procéder". Ce droit est soumis à des conditions d’accès strictes, qui ont été largement discutées dans l’espace public et à l’Assemblée ces dernières années, comme nous en avons rendu compte dans notre dossier depuis 2022.
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Dans le dossier
Fin de vie
19 janvier 2026
- Par Nastasia Hadjadji, Olivier Tesquet
Trump 2 met en œuvre un programme beaucoup plus résolu encore que celui du premier mandat. Autour de lui, différents courants avancent leur agenda. On observe en particulier une convergence inattendue entre les courants réactionnaires et les apôtres des nouvelles technologies. Ce qui les unit, ce ne sont pas des principes communs mais des ennemis désignés : les institutions démocratiques, le droit international, le multilatéralisme et le droit positif.
16 janvier 2026
- Par Thierry Pech
Les immigrés sont-ils un atout pour l’économie française ? Les derniers chiffres de l’Insee montrent l’évolution progressive du profil de la main d’œuvre immigrée en France : plus diplômée, plus féminine, plus active. De quoi contredire les préjugés et les slogans populistes.