Édito
13 février 2026
- Par La Grande Conversation
Tout juste sorti d’un interminable débat budgétaire au Parlement, le Premier ministre veut montrer qu’il peut reprendre l’initiative et parer tout risque d’immobilisme jusqu’en 2027. Pourtant, entre les élections municipales, la fin de la session parlementaire et… le retour de question budgétaire pour 2027, son espace de manœuvre est limité. Mais, surtout, le budget actuel ne corrige en rien une trajectoire budgétaire insoutenable à terme. « L’objectif de déficit à 5% sera respecté » annonce le ministre de l’économie, comme si cet objectif était enviable !
13 février 2026
- Par François Deletraz
En se félicitant des réussites de la révolution des mobilités à Paris, Jean-Louis Missika a laissé de côté le sujet pourtant essentiel de la circulation en bus. Moins cher que le métro et plus accessible pour une partie des usagers, il a subi un désintérêt évident de la mairie alors qu’il reste indispensable dans l’offre publique de transport.
12 février 2026
- Par Guillaume Hannezo, Nicolas Laine
La note d’éclairage "Budget base zéro : décider sous la contrainte", de l’Institut Montaigne, et celle de Terra Nova "Comptes publics : en finir avec le n’importe quoi (qu’il en coûte)", publiées à quelques semaines d’intervalle fin 2025, alertent face à l’état critique des finances publiques de la France. Si les deux notes convergent sur le montant des économies à effectuer, elles envisagent des voies différentes pour sortir de l’ornière. Alors que le budget de l’État pour 2026 vient d’être adopté, à la suite d’un laborieux marathon budgétaire qui ne pourra résoudre des défis désormais bien connus, Guillaume Hannezo de Terra Nova et Nicolas Laine de l’Institut Montaigne débattent sur le diagnostic et les pistes à mettre en œuvre pour redresser la barre.
11 février 2026
- Par Phillips O’Brien
Il est difficile de comprendre pourquoi le Président américain, si susceptible et imbu de lui-même, accepte sans broncher les humiliations que lui inflige Vladimir Poutine. Une explication pourrait se trouver dans des documents compromettants que les Russes détiendraient sur lui. Les révélations du dossier Epstein renforcent cette hypothèse.
10 février 2026
- Par David Cluzeau
Les colonies de vacances ont longtemps été un lieu essentiel de brassage social, géographique et culturel. Aujourd'hui confrontées à une baisse des financements publics et à un désengagement des communes, les colonies de vacances ne peuvent plus offrir des vacances de plein air qu'à un nombre décroissant d'enfants. Pourtant, une politique ambitieuse, dans l'héritage de l'éducation populaire, répondrait beaucoup mieux que d'autres initiatives à promouvoir, au-delà de l'accès aux loisirs, un sens de la rencontre et de la vie collective.
Édito
6 février 2026
- Par La Grande Conversation
Trois maux hexagonaux, trop souvent invoqués de manière fataliste comme des traits nationaux aussi anciens qu’incurables : le malaise territorial, la souffrance du monde agricole, le mal-être au travail. Trois sujets distincts, mais qui renvoient à des non-dits persistants, à des débats régulièrement étouffés, à des routines institutionnelles devenues pesantes. Trois chantiers, aussi, que l’on peine à investir pleinement, alors même qu’ils conditionnent la capacité à redonner des perspectives collectives.
6 février 2026
- Par Martin Vanier
Dominique Faure a remis le 2 février à son successeur au ministère en charge des collectivités territoriales et de la ruralité, Françoise Gatel, le rapport sur « la relance de la stratégie nationale d’aménagement du territoire visant à définir des orientations prioritaires » que lui avait commandé François Rebsamen en mai dernier. A grands traits, ce rapport propose de produire une stratégie nationale d'aménagement du territoire dès 2026 à l'horizon 2035 et 2050.
4 février 2026
- Par Hervé de Villers
La désignation de la santé mentale comme grande cause nationale pour 2025, puis sa reconduction pour 2026, marquent une étape importante dans la reconnaissance d’un malaise devenu structurel. La santé mentale apparaît désormais comme un révélateur du fonctionnement et de la gouvernance de nos organisations de travail au sein des entreprises. L’augmentation continue des arrêts pour troubles psychiques, la diffusion du burn-out et la perte d’engagement soulignent une réalité désormais bien documentée : le mal-être en France n’est plus marginal, il est systémique . D’ailleurs, les chiffres sont sans appel. La France figure aujourd’hui parmi les pays européens où l’engagement des salariés est le plus faible et la santé mentale la plus dégradée. Cela représente un coût économique colossal.
Et si nous changions de regard ? Si nous acceptions de regarder du côté de pays qui ont abordé cette question plus tôt et plus en profondeur ?
2 février 2026
- Par Suzanne Gorge
Ces dernières années, les crises se succèdent dans le monde agricole. Dans le débat public, elles continuent trop souvent d’être appréhendées comme une série d’incidents isolés, appelant des réponses rapides et techniques. Une épidémie, une flambée des coûts, une sécheresse, un accord commercial contesté : aussitôt, le politique abandonne la hausse prévue de la taxe sur le carburant agricole, déploie une loi d’urgence, des aides exceptionnelles, une simplification administrative ou un ajustement réglementaire. Aujourd’hui, c’est l’accord avec le Mercosur qui cristallise les inquiétudes, concentre les colères et polarise le débat. Mais il n’est ni l’origine ni le cœur du problème. Ce qui est en jeu dépasse largement un accord commercial : c’est l’absence persistante d’un projet durable et partagé pour l’agriculture française, capable de répondre simultanément aux enjeux de revenu, de compétitivité, de transition écologique et de reconnaissance sociale du métier d’agriculteur. La colère agricole qui s’exprime depuis plusieurs mois n’est pas uniquement conjoncturelle. Elle dit autre chose, de plus structurel : l’épuisement d’un modèle agricole historique, fondé autour de la cellule familiale, soumis à une accumulation de chocs sanitaires, géopolitiques, démographiques, économiques et environnementaux.
Dans ce contexte, le discours officiel oscille entre rhétorique guerrière et injonctions contradictoires : « guerre agricole », « puissance verte », agriculteurs érigés en soldats à qui l’on demanderait de produire toujours plus pour éviter que nos chaînes d’approvisionnement ne deviennent des chaînes d’asservissement aux grandes puissances. Mais produire plus, comment ? En augmentant la surface agricole utile et en diminuant les puits de carbone ? En recourant davantage aux engrais et aux produits phytosanitaires importés ? En reculant sur nos objectifs climatiques, alors même que l’agriculture est déjà confrontée à l’érosion des sols, au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité qui participent à la stagnation des rendements? Ces questions restent sans réponse. Elles disent pourtant l’essentiel : le statu quo n’est plus tenable. En refusant de trancher collectivement la question du modèle agricole que nous voulons, qui serait réaliste dans le marché unique et le monde tel qu’il est, nous entretenons une impasse économique, écologique et sociale dont les agriculteurs paient aujourd’hui le prix.
Édito
30 janvier 2026
- Par La Grande Conversation
Après avoir lancé un message ambigu aux civils iraniens en révolte, Trump concentre des forces militaires vers l’Iran tout en demandant un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. L’homme de la Maison Blanche se veut imprévisible et envoie des messages contradictoires ou indéchiffrables aux populations civiles de Gaza, d’Ukraine, du Venezuela et d’Iran. Cet activisme désordonné et illisible, dépourvu de principes et déférent envers les hommes forts, n’est pas au service de la paix.
30 janvier 2026
- Par Yves Jégourel
L’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, et de sa femme, par les forces armées américaines le 3 janvier 2026 à Caracas ne visait pas un changement de régime ni une occupation militaire. De l’aveu même du Président américain, il s’agissait de s’assurer les ressources pétrolières du pays. Mais les choses sont-elles si simples ? Exploiter le pétrole en question n’est pas si facile. Et les enjeux géopolitiques sont plus larges que l’accès à des ressources souterraines.