29 août 2026
- Par Gérard Grunberg, Jean-Louis Missika
Notre article « L'autodestruction de la démocratie du public » soutenait que la mutation du régime médiatique détruit la délibération démocratique et érode les quatre principes du gouvernement représentatif analysés par Bernard Manin. Emmanuel Dupont lui a adressé une critique argumentée, que nous publions ici et dont nous le remercions : pour lui, la crise vient non des médias et des réseaux sociaux, qui ne font que la révéler, mais de l'incapacité de nos démocraties à décider — et notre proposition de régulation ouvrirait la voie à la censure. Sur trois points au moins, sa critique repose sur une lecture que nous croyons erronée : de Bernard Manin d'abord, de l'histoire des relations entre démocraties et médias ensuite, et enfin de la relation entre délibération et décision.
12 juillet 2026
- Par Jean-Louis Missika, Gérard Grunberg
Bernard Manin nous a quittés en novembre 2024. Il était notre ami. Pendant des années, nous avons conversé avec lui, et nous mesurons encore à quel point son regard nous manque : la clarté, l'humour, la patience du concept. Il était aussi le penseur qui a le mieux compris la démocratie représentative et sa métamorphose en « démocratie du public ». Ce sont ses concepts qui structurent cet article, et ce sont ses derniers travaux, sur la délibération et le principe du contradictoire, que nous cherchons ici à prolonger — jusqu'à des conclusions qu'il aurait peut-être contestées, avec cette précision souriante qui rendait toute discussion avec lui si précieuse. Ce texte lui est dédié.
30 juin 2026
- Par Jean-Louis Missika
La défaite américaine face à l'Iran est un cas exemplaire de bêtise des décideurs politiques. L'ignorance, le contentement de soi, le sentiment de supériorité, le refus de tenir du compte du réel, l'incapacité à s'adapter aux situations nouvelles ont poussé le pouvoir américain à se lancer dans cette guerre sans mettre à jour sa doctrine militaire, alors que la dronisation de la guerre transforme profondément les rapports de force sur le champ de bataille, aussi bien en Ukraine que dans le Golfe.
1 juin 2026
- Par Jean-Louis Missika, Martin Vanier
Quarante ans après les lois Defferre, la France demeure l’un des États les plus centralisés d’Europe. Les dépenses publiques locales ne représentent que 20 % du total, contre 31 % en moyenne dans l’Union européenne. Cet article analyse les trois dimensions de cette centralisation persistante : le transfert de charges sans transfert réel de pouvoir décisionnel, l’autonomie fiscale en trompe-l’œil, et le maintien du pouvoir normatif à Paris dans les secteurs clés. La décentralisation française est une fiction constitutionnelle. Ou pour le dire autrement, la France a inventé un concept unique au monde : la décentralisation centralisée.
21 mars 2026
- Par Jean-Louis Missika
Le 14 mars 2026, au seizième jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Donald Trump publie sur Truth Social un message qui, au-delà de sa forme chaotique, agit comme un révélateur. Rarement un texte politique aura condensé avec autant de netteté l’écart entre le récit d’une victoire proclamée et la réalité d’un conflit qui échappe à son initiateur. Car ce message ne dit pas seulement l’improvisation ou la confusion. Il expose, presque malgré lui, l’impasse stratégique dans laquelle se trouve désormais Washington : celle d’un affrontement asymétrique où la supériorité militaire classique ne permet ni de contrôler le tempo ni d’atteindre les objectifs politiques.
9 mars 2026
- Par Jean-Louis Missika
À une semaine du premier tour des municipales, les candidats à la mairie de Paris rivalisent de promesses sur la sécurité et la propreté. Rachida Dati veut 5 000 policiers municipaux armés. Sarah Knafo sera « impitoyable ». Emmanuel Grégoire promet 1 000 postes supplémentaires. C'est à qui tapera le plus fort sur la table. Mais il y a un petit problème : il n'y a pas de table. L'essentiel des pouvoirs en matière de sécurité et de répression des incivilités échappe aux maires et reste entre les mains de l'État central.
19 janvier 2026
- Par Nastasia Hadjadji, Olivier Tesquet, Henri Verdier, Jean-Louis Missika
Trump 2 met en œuvre un programme beaucoup plus résolu encore que celui du premier mandat. Autour de lui, différents courants avancent leur agenda. On observe en particulier une convergence inattendue entre les courants réactionnaires et les apôtres des nouvelles technologies. Ce qui les unit, ce ne sont pas des principes communs mais des ennemis désignés : les institutions démocratiques, le droit international, le multilatéralisme et le droit positif.
19 septembre 2025
- Par Jean-Louis Missika, Marc-Olivier Padis, Thierry Pech
Combien de temps faudra-t-il attendre pour que nos élus acceptent la réalité arithmétique de l’assemblée et négocient un budget susceptible de déjouer une censure ? L’attentisme actuel qui prévaut, en raison des spéculations sur les prochaines échéances électorales, n’est pas à la hauteur de la situation.
24 juin 2025
- Par Jean-Louis Missika
Le congrès du Parti socialiste à Nancy a-t-il permis d'aborder des sujets de fond, à travers la confrontation des textes d'orientation ? Jean-Louis Missika répond à son tour aux militants socialistes qui faisaient état des travaux de réflexion auxquels ils ont participé en vue de ce congrès.
13 juin 2025
- Par Jean-Louis Missika
Le congrès du Parti socialiste s'ouvre à Nancy le 13 juin prochain. La préparation de ce congrès a donné lieu à un débat qui s'est révélé décevant et qui a exhibé toutes les faiblesses d'un parti dont le naufrage semble sans fin. Hypocrisie des postures, inconsistance des idées, impuissance politique et absence de leadership, les maux du PS ne sont pas bénins.
13 mai 2025
- Par Jean-Louis Missika
Trump, Musk, Vance : des trois personnalités qui incarnent le nouveau pouvoir à Washington, Vance est sans doute le plus dangereux. Un examen attentif de son parcours et de ses idées permet de cerner sa personnalité autoritaire et sa doctrine fasciste.
16 avril 2025
- Par Jean-Louis Missika
La semaine folle initiée le 2 avril par le « liberation day » de Donald Trump au cours duquel il a annoncé des augmentations de droits de douane extravagants, n’a pas seulement révélé sa faiblesse de caractère et ses failles intellectuelles et politiques, elle a mis en lumière la fragilité de l’empire américain et les signes d’un déclin très avancé.